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Télétravail et télécentre : l’exemple de Montluçon

Ecrit par Cyril Slucki - Marie-Claude Leseche
Le jeudi 21 juin 2007


Nous sommes dans une petite ville et donc obligés de « faire feu de tout bois » selon Michel Laclautre.

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Interview de Michel Laclautre, Directeur Formation Développement, CCI Montluçon Gannat Portes d’Auvergne.

Comment vous est venue l’idée du télécentre de Montluçon ? Nous avons créé une pépinière pour les créateurs d’entreprises.



Le principe est simple : ils profitent de loyers modérés (8 € le m2) sur une durée maximale de 2 ans.

Après un certain temps, nous nous sommes rendus compte que des personnes souhaitaient venir ponctuellement pour télétravailler en profitant de l’ambiance de la pépinière.

Mais, quelle est la différence entre un télécentre et un CyberCafé ? Il faut être professionnel salarié ou entrepreneur (indépendant, société, etc…) pour travailler au télécentre. Nous ne travaillons pas avec les particuliers.

Dans le télécentre, tout professionnel peut venir pour ½ journée, 1 journée, une semaine, un mois ou une année, selon ses besoins.

Nous dépendons d’un établissement public, la Chambre de Commerce, habilité et obligé de vérifier les coordonnées des utilisateurs.

Quels sont les intérêts pour un créateur d’entreprises ?

Un loyer modéré, des outils qui fonctionnent, une maintenance du matériel et aussi une assistance dans divers domaines, grâce à notre connaissance du monde de l’entreprise.

Nous offrons un accompagnement et un suivi.

Nous disposons d’agents spécialisés autant dans les TIC, que dans la gestion ou le marketing. Nous sommes aussi soutenus par l’Europe ; des fonds FSE nous permettent de faire de l’accompagnement d’entreprises en télécentre ou en pépinières.



Comment le télécentre est il aménagé ?

Nous avons 2 bâtiments importants : l’un de 2500 m² et l’autre de 2000 m². Le télécentre occupe 100 m². C’est une salle en open space de 4 postes, aujourd’hui, mais qui évoluera sans doute.

Il s’agit d’un bureau sécurisé, avec des moyens informatiques, bureautiques, du wifi, des casiers de rangements fermés à clé pour en sécuriser le contenu en cas d’absence prolongée.

D’autres matériels comme les photocopieurs, relieurs etc… sont dans une autre salle commune à toutes les personnes de la pépinière.

Peut-il y avoir des aides financières spécifiques aux entreprises qui s’installent dans votre pépinière ?

A Montluçon nous avons des « fils » qui correspondent à des programmes de financement locaux.

Ces aides sont décidées en commissions auxquelles participent des responsables des grandes entreprises de la région.

Ces entreprises débloquent leurs propres fonds, en général, pour des prêts aux créateurs jeunes ou moins jeunes et sous certaines conditions prédéfinies.

Par contre pour le télécentre, il n’y a rien de spécifique. Les participants bénéficient seulement du matériel et des connaissances des uns ou des autres.

Quel est le profil des personnes qui viennent au télécentre ?

Par exemple, nous avons des traducteurs qui louent nos outils pour plusieurs heures et font de la traduction en ligne.

Le système est très pratique pour eux qui font aussi de l’interprétariat et se déplacent beaucoup ; ils n’ont pas toujours un bureau très équipés chez eux.

Nous avons aussi des entreprises qui ne reçoivent pas l’ADSL, pour des raisons d’implantation, ils ont la possibilité de venir chez nous.

Autre exemple, un sous-traitant qui est obligé de lire des plans et n’a pas le haut débit met un temps infini à télécharger, parfois 7 ou 8 heures.

Il peut louer 2 ou 3 heures au télécentre pour sortir ses plans ou ses dossiers, le coût sera moindre et la réactivité plus importante.

Quelles sont vos prochaines étapes de développement ?

La première étape était d’ouvrir et d’accueillir les personnes.

La deuxième étape est de commercialiser et de faire connaître notre concept.

La troisième étape consistera à visiter les entreprises et les fidéliser.

Nous souhaitons contacter, entre autres, des entreprises implantées à Clermont-Ferrand, à Bourges ou à Châteauroux, qui ont des collaborateurs habitant Montluçon et qui font la route tous les jours.

Nous leur proposerions la possibilité de travailler à distance, un ou plusieurs jours par semaine.

Pour cela nous mettrons en place une prospection auprès des DRH !

Prévoyez-vous d’autres axes de développement ?

Aujourd’hui nous avons 3 sortes de télécentres :

Le Rurbain : ni à la campagne, ni à la ville pour des personnes qui ont choisi de ne plus faire de kilomètres inutiles et qui sont à mi-chemin de la ville et de la campagne. Aussi beaucoup d’anglais dans notre région, proche de la Creuse ou de l’Allier, qui font du télétravail.

Le Rural, dans le Cantal ou les départements un peu désertifiés dans lesquels on attire les habitants des grandes villes pour les faire travailler « dans la verdure ».

L’Urbain, qui est installé près des gares ou des aéroports, là où le trafic est incessant.

Voilà les axes de développement : à la fois une clientèle internationale, qui veut s’installer en France pour la qualité de vie, et une clientèle de cadres ou de professions libérales qui ne veut pas être sans arrêt sur la route.

Le télécentre est donc un développement durable.

Quel est le meilleur modèle à suivre si l’on veut faire un télécentre ?

Nous sommes allés visiter des centres qui fonctionnent bien comme en Finlande. Ils ont de grands moyens et une grande liberté de travail, c’est vraiment LE modèle.

Ils ont aussi un petit pays donc ils ont peu de frais dans les déplacements et des outils très performants.

Il y a un autre modèle, plus artisanal mais mieux que nous, c’est l’Italie.

Ils sont installés en régions très rurales mais regroupent les entreprises, développent leurs synergies et travaillent sur l’innovation.

Ces 2 modèles sont très différents l’un de l’autre : l’un bénéficie de beaucoup d’aides financières et l’autre est basé sur la confiance que se feront les entreprises pour travailler entre elles.

Nous sommes entre les deux modèles.

Pensez-vous que les collectivités puissent aider au développement des télécentres ?

En ce qui nous concerne, nous avons été aidés pour implanter le centre, maintenant c’est à nous de le faire vivre en y amenant des clients.

Vous êtes propriétaires des locaux ?

Oui nous en sommes propriétaires.

C’est donc un placement ?

Oui bien sûr, demain si ce n’est plus une pépinière, cela peut être autre chose !

Comme vous le savez, nous avons commencé par un centre multimédia, puis nous avons fait une pépinière, en avons rajouté une autre, et un centre d’appels.

Nous avons largement contribué à amener ces métiers dans nos régions car ils n’étaient qu’à Paris ces dernières années.

Enfin, nous avons rajouté le télécentre et demain … on verra !

Le développement des télécentres doit-il être une volonté des pouvoirs publics ou des usagers ?

Internet n’a fonctionné en France qu’à partir du moment où le citoyen s’y est mis.

C’est idem pour le télétravail.

Par exemple, si les salariés se disent qu’ils en ont assez de faire des kilomètres en voiture, ce sera un bon effet de levier.

 


stock_open-17 Rubrique : Interview

 

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Télétravail et télécentre : l’exemple de Montluçon

Le 25 juillet 2007 à 09:18, par Frederic Demeyere

maintenant que les particuliers peuvent s’equiper a moindre frais, pourquoi ne pas creer un cybercentre afin que l’emploi emerge dans les petites communes rurales

afin que le teletravail independant puissent prendre son ampleur

 

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